Extrait de WIKIPEDIA :
L’agriculture biologique est un système de production agricole basé sur le respect du vivant et des cycles naturels[1], qui gère de façon globale la production en favorisant l'agrosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques[2].
Pour atteindre ces objectifs, les agriculteurs biologiques s'interdisent (et excluent réglementairement) l'usage d’engrais chimiques de synthèse et des pesticides de synthèse, ainsi que d'organismes génétiquement modifiés.
Les agriculteurs qui pratiquent ce type d'agriculture misent, par exemple, sur la rotation des cultures, l'engrais vert, le compostage, la lutte biologique, l'utilisation de produits naturels comme le purin d'ortie ou la bactérie Bacillus thuringiensis, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites.
Définie depuis les années 1920, l'agriculture biologique est organisée à l'échelle mondiale depuis 1972 (International Federation of Organic Agriculture Movements - IFOAM) et reconnue dans le Codex alimentarius depuis 1999. À ce titre, il s'agit de l'une des formes les plus anciennement organisées d'agriculture durable[2]. Au sein de ces dernières, l'agriculture biologique se caractérise notamment par le fait que l'épithète « biologique », ou son abréviation « bio » impliquent une certification attribuée correspondant à des normes et à des cahiers des charges, et que le mot est, souvent, légalement protégé. Plusieurs labels internationaux de reconnaissance pour ce type d'agriculture ont été définis.
Fondements
Le mouvement de l'agriculture biologique s'est constitué en réaction à l'avènement de l'agrochimie, au milieu du XIXe siècle, et surtout au développement de l'usage des engrais minéraux issus de la chimiosynthèse, dans les années 1930.
On considère usuellement comme ses fondateurs Albert Howard, Rudolf Steiner, Hans Müller (de) et Maria Müller (de), Hans Peter Rusch (de), Masanobu Fukuoka, pour ne citer qu'eux.
L'apparition de l'agriculture biologique s'accompagne de nombreuses critiques sur l'évolution de la pratique agricole. Sont notamment critiqués :
- L'abandon d'une vision holistique (ou holiste) de la Nature et de la croyance en une Nature bienveillante,
- Le rejet des pratiques traditionnelles et du rôle prépondérant de l'humus (notamment chez Howard et Fukuoka),
- La dégradation des liens sociaux et des libertés paysannes, suite aux restructurations du XIXe siècle et au développement des grands groupes agro-industriels (Müller),
- Le développement d'une vision réductionniste du monde et l'instrumentalisation de la nature aux dépens d'une relation plus spirituelle avec celle-ci, et le désenchantement qui accompagne ce rapport au monde (Steiner, Fukuoka),
- L'autorité d'une science agronomique confinée au laboratoire et détachée des réalités du terrain (Howard, Fukuoka),
- La prédominance des intérêts financiers et commerciaux dans la conception des exploitations agricoles et dans les développements technologiques, généralement aux dépens de la fertilité du sol (Howard, Müller, Fukuoka).
Le rejet des produits de synthèse dans la production agricole et la volonté de produire des aliments de bonne qualité ne constituent ainsi, historiquement, que les aspects les plus superficiels du mouvement[5].
Comme équivalent anglophone (Organic farming), l'expression francophone Agriculture biologique apparue vers 1950 est, au sens littéral, un pléonasme car il n'existe pas d'agriculture non biologique ou non-organique. Mais elle a été choisie pour différencier cette agriculture des systèmes de production agricoles faisant appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires…), car polluants[6] pour la santé et l'environnement et ne participant pas à ce que l'on appellera par la suite une agriculture durable.
Bien que l'utilisation massive de la chimie en agriculture soit relativement récente, on la désigne souvent comme agriculture conventionnelle face à l'agriculture biologique.
L'agriculture biologique est en plein développement[7] et comprend tout un éventail de techniques destinées à augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace.
Mises en œuvre
L'agriculture conventionnelle compense le prélèvement des nutriments du sol par l'adjonction d'engrais de synthèse, et lutte contre les insectes, mousses et végétaux concurrents à l'aide de pesticides de synthèse. L'agriculture biologique rejetant ces moyens de production, d'autres techniques sont préférées. Entre autres :
- La lutte biologique protège les cultures des parasites, et des insectes ravageurs, par exemple par l'emploi d'insectes entomophages,
- Les cultures associées, en combinant plusieurs espèces végétales sur une même parcelle, limitent la prolifération des parasites et ravageurs, et permet parfois des gains de productivité.
- La permaculture est une méthode de conception qui permet de planifier les cultures, entre autres choses, de manière à exploiter au mieux les conditions climatiques et géographiques locales, et à maximiser les interactions entre les cultures,
- L'agroforesterie intègre les arbres aux exploitations agricoles,
- Les techniques culturales simplifiées limitent le travail du sol,
- Le semis direct sous couvert permet de restituer au sol les nutriments prélevés, d'entretenir les bactéries permettant leur assimilation par les plantes, et de limiter le développement des adventices,
- Le compostage et le paillis permettent de restituer les nutriments prélevés au sol, de limiter les méfaits des intempéries, et d'entretenir le développement de l'humus.
- Les purins permettent de tuer les insectes, adventices et parasites, et peuvent également être utilisés comme fertilisants.
- L'agriculture biodynamique prend notamment en compte les cycles lunaires et les mouvements des planètes,
- La micro-agriculture biointensive.
L'agriculture biologique a aussi permis de maintenir ou de développer de nombreuses techniques et technologies innovantes dont la plupart se diffusent lentement dans l'agriculture conventionnelle et possèdent des avantages non négligeables :
- elle supprime la plupart des nuisances liées aux pesticides que ce soit pour les nappes phréatiques ou les eaux de surface, la faune et l'homme ;
- elle diminue les infrastructures d'extraction de matières premières, infrastructures extrêmement polluantes en général ;
- elle utilise beaucoup moins de matériaux issus de la pétrochimie et donc tendrait de ce point de vue à retarder le pic pétrolier ;
- selon une étude contestée de l’écologiste David Pimentel de la Cornell University[35] [36] de New York, elle consomme 30% d’énergie en moins, moins d'eau et pas de pesticides chimiques pour des rendements équivalents.
Parmi les impacts écologiques et sociaux, avantageux ou non, selon le point de vue :
- elle augmente les prix des produits agricoles [37]
- elle diminue l'impact sur l'eau
- elle est perçue comme meilleure pour la santé
- elle améliore la vision qu'a la société de l'agriculture, qui dès lors n'est plus considérée comme polluante ;
- elle augmente le nombre d'actifs par unité de surface et permet de diminuer l'exode rural en améliorant la viabilité à long terme des exploitations et l'image des paysans ;
- elle est très favorable à la biodiversité [38];
- son rôle en matière d'érosion est ambivalent, d'une part avec l'utilisation de haies et de cultures fixatrices d'azote qui occupent le sol, comme la luzerne, elle freine cette dernière, en revanche l'utilisation quasi-obligatoire du labour pour lutter contre de nombreux « bio-agresseurs » (dont limaces et adventices) entretient ce risque. Il est localement diminué avec les cultures sur BRF.
De plus, l'agriculture biologique serait liée à une préférence pour les productions locales et les circuits courts, soit par les normes (exemple : autoproduction obligatoire d'une part de l'alimentation des animaux), soit par conviction des producteurs, et, de ce fait,
- en relocalisant les productions, elle revitaliserait le tissu socio-économique local ;
- elle éviterait des flux de marchandises facteur d'effet de serre ;
Cependant un débat sur la préférence entre les produits locaux et les produits issus de l'agriculture biologique se développe, s'appuyant entre autres sur le fait que pour certains produits biologiques importés, le bilan au niveau gaz à effet de serre serait défavorable en comparaison aux mêmes produits issus de l'agriculture conventionnelle locale Le local et l’industriel moins polluants que le Bio !.
Néanmoins, elle se diffuse très lentement dans le milieu agricole professionnel et reste marginale, malgré les aides importantes à la reconversion. Elle trouve la plupart de ses adeptes et défenseurs parmi les néo-ruraux et les mouvements écologistes des villes.
Nombreuses sont les collectivités territoriales à favoriser activement l'agriculture biologique, notamment en imposant l'utilisation de produits issus de l'agriculture biologique dans les cantines.
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Extrait du site l'AGENCE BIO
| |  | Introduction à l'agriculture biologique |
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 | L’agriculture biologique : un mode de production spécifique, un signe officiel de qualité | |  |
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 |  L’agriculture biologique constitue en France un des cinq signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine : - L'Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) ou Appellation d'Origine Protégée (AOP) garantit une qualité résultant d'un terroir. - L'Indication Géographique Protégée garantit un lien entre un produit et son territoire. - La Spécialité Traditionnelle Garantie garantit un produit traditionnel. - Le Label Rouge garantit un produit de qualité supérieure. - L'Agriculture Biologique garantit une qualité attachée à un mode de production respectueux de l'environnement et du bien-être animal. Elle se distingue par ce mode de production, fondé notamment sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse, la non-utilisation d'OGM, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique. L’élevage, de type extensif, fait appel aux médecines douces et respecte le bien être des animaux. Tout au long de la filière, les opérateurs de l’agriculture biologique respectent un cahier des charges rigoureux qui privilégie les procédés respectueux de l’écosystème et non polluants. |  |
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 | L’histoire de l’agriculture biologique : de la marginalité à la reconnaissance | |  |
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 |  L’agriculture biologique est née de l’initiative d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs qui, dans les années 1920, ont généré de nouveaux courants de pensées reposant sur des principes éthiques et écologiques, et initié un mode alternatif de production agricole privilégiant le travail du sol, l’autonomie et le respect des équilibres naturels. A l'approche des années 70, des changements sociologiques importants influencent largement le développement de l’agriculture biologique. En 1981, les pouvoirs publics français reconnaissent officiellement l’agriculture biologique. Une Commission Nationale est créée, chargée de l’organisation et du développement de l’agriculture biologique en France et de l’homologation des cahiers des charges. Le règlement communautaire 2092/91 concernant le mode de production biologique du 24 juin 1991 a repris en grande partie les principes et définitions des textes législatifs français pour les appliquer dans un premier temps aux productions végétales, puis, le 24 août 2000, aux productions animales. Le 1er janvier 2009, le règlement (CE) n°834/2007 a remplacé le règlement (CEE) n°2092/91 modifié. Le règlement (CE) n°889/2008 en définit les principales modalités d'application. |