Commerce équitable ? Produits équitables ?

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Le commerce équitable est un système d'échange visant à assurer des revenus décents aux paysans des pays en développement (PED) par des relations de solidarité directe avec les consommateurs du Nord. Il concerne la paysannerie dans son ensemble (production vivrière, matières premières, artisanat). On le lie souvent au capitalisme compassionnel.

La démarche de commerce équitable consiste en une action collective d'organisation de nouveaux chemins de production et de distribution pour le marché international, basés sur des normes sociales, économiques et environnementales propres [1], ne nécessitant pas l'intermédiaire des États et la modification des législations nationales.

Les tenants du commerce équitable font la promotion de la démocratie, de la transparence et du respect des droits de l’homme, autour d’objectifs définis par les producteurs, dont des prix de production déterminés non seulement par les coûts économiques, mais en prenant aussi en compte les coûts de production humains, sociaux et environnementaux.

Une panoplie de groupes et d'associations nationales et internationales font la promotion active du commerce équitable, notamment l'association FLO (Fairtrade Labelling Organizations), IFAT (International Federation for Alternative Trade, ou International Fair Trade Association) ainsi que de nombreuses autres fédérations (à l'exemple de Minga, Artisans du monde ou la PFCE en France), syndicats et ONG telles qu'Oxfam et le Secours catholique.

DEFINITION :

En 2001, quatre structures internationales de commerce équitable (FLO, IFAT, NEWS, EFTA) proposent une définition du commerce équitable :

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel [4]. »

 

Principes du commerce équitable

Producteurs triant les grains de café sur une coopérative certifiée équitable au Guatemala

Le commerce équitable prescrit 10 normes que ses tenants tant au Nord qu'au Sud doivent appliquer quotidiennement dans leur travail [5]. Dans le cas des membres WFTO ou des groupes certifiés FLO, différents systèmes de contrôle sont en place afin de s'assurer que ces normes sont respectées.

  1. Créer des opportunités pour les producteurs qui sont économiquement en situation de désavantage. Le commerce équitable est une stratégie pour le combat contre la pauvreté et pour le commerce soutenable. Son but est de créer des opportunités pour les producteurs désavantagés ou marginalisés par le système du commerce conventionnel.
  2. La transparence et la crédibilité. Le commerce équitable comprend la gestion de la transparence et les relations commerciales pour faire des affaires avec nos partenaires commerciaux.
  3. La capacité individuelle. Le commerce équitable est un moyen de développer l'autonomie des travailleurs. Les organisations du commerce équitable procurent de la continuité durant laquelle les producteurs et les organisations de marché peuvent améliorer leurs capacités de gestion et leur accès aux nouveaux marchés.
  4. Promouvoir le commerce équitable. Les organisations du commerce équitable ont pour objectif de sensibiliser leur clientèle ainsi que le grand public aux injustices du système commercial actuel. Elles doivent aussi être en mesure de fournir de l'information sur l'origine de ses produits, les conditions de travail des producteurs etc.
  5. Le paiement d'un prix juste. Un prix juste dans un contexte local ou régional est accepté après dialogue et concertation. Cela couvre non seulement les coûts de production mais permet également une production qui est socialement juste et bien pour l'environnement. Cela fournit un prix juste aux producteurs et prend en compte le principe d'un salaire égal pour un travail égal par les hommes et par les femmes. Les organisations de commerce équitable assurent un paiement immédiat à leurs partenaires et parfois aident leurs producteurs avec le financement d'un crédit avant la récolte ou avant la production.
  6. Égalité entre les sexes. Les organisations issues de la filière équitable valorisent le travail des femmes : celles-ci doivent toujours être payées pour leurs contributions dans le processus de production. La présence des femmes au sein de la gouvernance de ces organisations est aussi encouragée.
  7. Les conditions de travail. Le commerce équitable signifie un environnement de travail sain et sûr pour les travailleurs. La participation des enfants (si jamais) n'affecte pas négativement leur bien-être, leur sécurité, leur conditions éducatives, et leur besoin de jouer et est conforme à la convention des Nations-Unies sur les droits des enfants ainsi qu'aux lois et normes du pays.
  8. Le travail des enfants. Les organisations du commerce équitable respectent la convention des Nations-Unies sur les droits des enfants, ainsi que lois et normes sociales sont appliquées afin d'assurer que la participation des enfants dans les processus de production des produits équitables ne va pas à l'encontre de leur bien-être, leur sécurité, leur conditions éducatives et besoin de jouer. Les organisations qui travaillent directement avec des organisations informelles révèlent la participation des enfants dans la production.
  9. L'environnement. Le commerce équitable encourage activement de meilleures pratiques environnementales et l'application de méthodes responsables de production.
  10. Les relations de commerce. Les organisations de commerce équitable font du commerce en tenant compte du bien-être social, économique et environnemental des petits producteurs marginalisés et ne font pas de profit derrière leur dos. Elles maintiennent de longues relations qui reposent sur la confiance et le respect mutuel qui contribuent à la promotion et l'agrandissement du commerce équitable. Parfois les producteurs sont soutenus par des crédits avant la récolte ou avant la production.

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extrait du site de MAX HAVELAAR

L’origine

Du commerce, pas de l’assistance !

En 1988, des producteurs Mexicains interpellent une ONG néerlandaise. Ensemble, ils développeront l’idée d’un label pour appliquer le commerce équitable aux produits de tous les jours.

L’histoire du label Fairtrade / Max Havelaar commence il y a vingt ans. Des producteurs de café mexicains de la coopérative UCIRI lancent un appel à une ONG néerlandaise qui les aidait jusque-là : « Évidemment, recevoir chaque année vos dons pour acheter un camion ou construire une petite école afin que la pauvreté soir plus supportable, c’est bien. Mais le véritable soutien serait de recevoir une rétribution plus juste pour notre café. »

L’association réagit et lance l’idée d’un label. Son principe : « trade, not aid » (du commerce plutôt que de l’assistance). Son but : appliquer aux produits de tous les jours les principes du commerce équitable, qui existait déjà depuis les années cinquante dans des cercles restreints. Il doit permettre ainsi aux producteurs de devenir des acteurs du marché à part entière.

Le label prend le nom d’un héros de roman anticolonialiste du XIXe siècle très célèbre aux Pays-Bas, Max Havelaar.

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Chez un producteur de café de l’UCIRI au Mexique.

Bio ? Équitable ? Éthique ? Comment je m’y retrouve ?

Le développement durable est à la mode. La consommation responsable se développe. Très bien ! Mais entre « durable », « éthique », « responsable » et bien d’autres adjectifs, comment s’y repérer ? Quel que soit le label, l’important est de connaître le cahier des charges qu’il recouvre et ses effets sur le terrain.

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Quelque soit l’adjectif, cherchez le cahier des charges qui y correspond !

Le commerce éthique consiste d’abord à ne pas nuire. Généralement, il vise à respecter les droits de l’homme ou l’environnement dans la production et la commercialisation des produits.

Par exemple, il assure que telle paire de baskets n’a pas été cousue par des enfants, ou que tel salon en teck ne vient pas de coupes claires de la forêt d’Amazonie.

Il existe ainsi de nombreux codes de conduite pour les entreprises. Certains sont de simples déclarations d’intention. D’autres font l’objet d’un contrôle externe, voire d’un label.

 

 

 

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Le label bio certifie une méthode de culture où les intrants chimiques sont remplacés par des méthodes incluant des produits naturels. C’est un état de fait.

L’agriculture biologique est une méthode de culture qui n’utilise pas de pesticides ou d’engrais chimiques, et qui les remplace par d’autres méthodes incluant des produits issus des plantes ou des animaux : purin, compost, savon noir…

Le label bio signifie que l’agriculteur à l’origine du produit a suivi cette méthode. C’est un état de fait.

« Le règlement Bio définit les règles de conduite et liste les solutions de lutte biologique autorisées, explique Aurore Issouf, responsable recherche et développement à l’entreprise Jardin Bio. En termes d’environnement, les standards Fairtrade / Max Havelaar, eux, demandent de mettre en place une gestion des ressources : eau, sols, déchets, énergie. Ils demandent la diminution dans le temps des pesticides et donnent des principes de précaution d’emploi… »

 

 

 

 

 

 

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Le label Fairtrade / Max Havelaar atteste une dynamique de développement pour les producteurs.

Le commerce équitable correspond donc à une logique de progrès. C’est une dynamique de développement économique, social et environnemental. Non seulement les producteurs de café ne sont pas lésés ; mais surtout, ils développent tous ensemble leur activité dans leur territoire de manière durable et écologique. Ils prennent en main leur propre développement sur la durée.

Cela passe bien sûr par le prix minimum garanti, qui permet une stabilité. Cependant, comme l’affirme Jean-Pierre Doussin, président de Max Havelaar France, « il ne faudrait pas le réduire à cet aspect, ce serait confondre le moyen et le but ».

Car le maître mot du commerce équitable, c’est l’autonomie. « Nous ne voulons pas d’assistance, nous voulons être autonomes », clamaient les producteurs de café à l’origine de la création du commerce équitable labellisé.

L’outil de cette prise d’autonomie, c’est la coopérative, ou, plus généralement, l’organisation collective des producteurs. Les standards de Fairtrade / Max Havelaar exigent qu’elle soit transparente, démocratique et bien gérée. Ainsi, avec l’apport financier de la prime de développement, elle investit dans l’avenir de ses membres et dans celui des communautés tout entières.